Por: la rédaction d’Against the Current
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| Carte d’Al Jazeera, 2 mars 2026. |
La guerre américano-israélienne visant à «changer le régime» en Iran ouvre un nouveau chapitre catastrophique au Moyen-Orient. Cette guerre –totalement illégale au regard du droit des Etats-Unis et international – est une aventure impérialiste aux conséquences internationales imprévisibles.
Les peuples de la région en paieront le prix fort, et il apparaîtra clairement que cette guerre est indissociable de la guerre que mène actuellement le régime Trump contre les droits de la population états-unienne et des pays des Amériques.
Alors que l’attention des médias et des politiques se détourne de la Palestine, le génocide israélien qui se poursuit à Gaza et le nettoyage ethnique militaire et colonial de la Cisjordanie ne feront qu’accélérer la destruction du peuple palestinien dans sa terre natale. Cette guerre est également destinée à donner un nouveau souffle à la coalition gouvernementale d’extrême droite de Netanyahou et à la dérive néofasciste d’Israël.
Le peuple iranien, massacré par un régime meurtrier et étranglé par les sanctions impérialistes, ne sera pas «libéré» par les bombes et les missiles Tomahawk des Etats-Unis et d’Israël.
Si la «République islamique» venait à s’effondrer après l’assassinat du «guide suprême» Khamenei et d’autres hauts responsables – le sort du régime est imprévisible à ce stade préliminaire –, son remplacement pourrait prendre différentes formes, allant du chaos et de la guerre civile qui ont suivi l’invasion américaine de 2003 en Irak, à un régime monarchiste ou militaire client soutenu par Washington, ou encore à la fragmentation du pays, comme semblent le préconiser certains idéologues israéliens. Dans ce dernier scénario, des forces telles qu’Al-Qaïda et l’État islamique pourraient gagner de nouveaux espaces d’opération.
Si le régime iranien venait à survivre, il deviendrait probablement encore plus brutal. Rien de tout cela n’apporterait la liberté et la démocratie pour lesquelles tant d’Iraniens et Iraniennes courageux sont descendus dans la rue.
Les répercussions de la guerre sur les États instables et divisés que sont l’Irak, la Syrie et le Liban, déjà soumis à des bombardements israéliens constants et à une occupation partielle, pourraient également être dévastatrices.
Et malgré toutes les fanfaronnades triomphantes de Trump, les États-Unis pourraient ne pas être en mesure de contrôler les résultats. Si la guerre s’éternise et que l’Iran décide de bloquer le détroit d’Ormuz, par exemple, les royaumes du Golfe pourraient être entraînés dans un conflit régional plus large.
Mais cette guerre impérialiste criminelle va-t-elle au-delà de l’ambition personnelle démesurée de Trump de «refaire le Moyen-Orient» (et de récolter d’énormes profits pour sa famille et ses acolytes)? Dans une certaine mesure, nous pensons que oui: Éliminer l’Iran en tant que facteur stratégique, laissant Israël comme puissance régionale incontestée, pourrait consolider l’alliance d’Israël avec l’Arabie saoudite et les royaumes du Golfe et permettre aux priorités politiques des Etats-Unis de «pivoter» ailleurs.
Pourtant, cette guerre elle-même pourrait entraîner les États-Unis, pendant très longtemps, dans le chaos du Moyen-Orient créé par Washington. Nous avons vu d’autres exemples où l’intervention impérialiste crée des contradictions mortelles qu’elle ne peut résoudre.
Nous savons que cette guerre en Iran est liée à des événements plus proches de chez nous. Après avoir pris le contrôle du Venezuela et proposé maintenant une «prise de contrôle amicale» de Cuba, Trump, à la manière d’un chef de gang, cherche à paralyser l’indépendance nationale de tous les pays des Amériques, de la Colombie et du Mexique au Canada (tout en cédant l’Ukraine à Vladimir Poutine). Cela marque un moment particulièrement dangereux dans un nouveau partage du monde.
Dans le même temps, le règne de terreur de la bande de Trump contre les communautés immigrées et sa guerre contre les droits démocratiques de la population états-unienne se poursuivent. La guerre contre l’Iran vise également à étayer la base intérieure chancelante de cette administration, ainsi que ses manoeuvres pour truquer les élections de mi-mandat au moyen de la suppression massive des électeurs et électrices et d’une violence militaire et mafieuse potentielle.
Défendre nos droits chez nous et s’opposer à cette guerre impérialiste font partie de la même lutte. Les deux doivent être au cœur des mobilisations du 28 mars, «No Kings Day», et du 1er mai.
Les États-Unis doivent cesser de s’immiscer dans les affaires des peuples d’Iran et du Moyen-Orient, de Cuba et d’Amérique du Sud, ainsi que dans celles de nos communautés et des affaires relevant de nos droits civils! (Publié dans Against the Current, le 1er mars 2026, publication soutenue par l’organisation Solidarity. Parmi la rédaction, on retrouve Robert Brenner, David Finkel, Alan Wald, Susan Weissman, Dianne Feeley… Traduction rédaction A l’Encontre)

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